Le combat se déroulait sans problèmes apparents. En plus de Jake en tant que « vigil », d’autres gardes étaient en faction autour de l’arène, en dehors, afin d’amplifier la sécurité. Il s’agissait là de guerriers entrainés à la guerre et non à la protection, même si cette tache ne leur semblait pas difficile. Contenir une populace relevait simplement d’un regard noir ou d’un repoussement, s’il y avait insistance. Pour un œil aguerri, on pouvait distinguer deux types de gardes. Les premiers font partie de l’armée, combattants de cette ville, de ses murs et de sa Majesté, le roi Orix. La plupart portait une simple cotte de maille revêtit d’une chemise sombre tombant au dessous de la ceinture, alors que d’autres avaient un plastron fait d’os de grands animaux. Tous arboraient des braies en lin de couleur grises ainsi qu’une épée pendant aux côtés droit de leurs ceintures en cuir. Et chacun portait un encombrant mais résistant casque d’acier dont le symbole de l’air y était gravé : une large spirale ayant deux magnifiques ailes déployé de part et d’autres. Les soldats s’étaient vite lassés de cette corvée dont ils ne comprenaient pas le sens. Du fait de la forte chaleur qui régnait en cette après midi, ils suaient à grosses gouttes sous leurs armures et plus d’un avait retiré son casque pour s’essuyer le front. Certains somnolaient même sur place, s’extirpant brutalement de leur torpeur quand le peuple poussait trop. Parmi tous ses gardes, il y en avait trois qui se distinguaient particulièrement. C’est la deuxième catégorie, il s’agit de gardes royaux. Ils protégeaient le palais on leur avait demandé de venir aider à la surveillance de l’arène. Ses hommes vouaient une dévotion aveugle et ne posaient aucune question. On demandait, ils agissaient. Vétéran dans le combat, ses arboraient une mine inexpressif presque sombre. Quelques cicatrices de guerre zébraient un front ou une joue, rendant leurs visages encore plus menaçants. Le symbole de l’air ne se trouvait pas sur le casque de ses protecteurs mais sur les épaulières de leurs armures à plaques, preuve de leurs rangs. Ses protections lourdes protègent les bras et le torse ainsi que légèrement au-dessous de la taille, en associant la cotte de maille standard et divers plaques d’acier, d’où le nom. Leurs casques étaient des barbutes, protégeant intégralement le visage. Les bas étaient en tissu avec des renforts en métal au niveau des genoux, et terminant par des bottes de cuir. Les trois chevaliers, car c’étaient bien leurs fonctions, avaient leurs mains posées sur le pommeau de leurs lourdes à deux mains, dégainés devant eux et pointe sur le sol. Deux de ses lames n’étaient que de simples épées larges sans aucune distinction particulière alors que la troisième se trouvait être une claymore, arme puissant que peu ont eu le privilège de manier. Le sergent, qui l’avait en sa possession, se souvenait encore de l’effort qu’il avait du donner pour la brandir. Aujourd’hui, la tâche qu’on leur incombait, étaient peu ardue. Certes, la population d’Ezreal était dense à ces heures chaudes, mais peu était intéressé par ce qu’il se passait dans l’enceinte du stade. Elle se pressait surtout autour des échoppes du marché qui se trouvait sur la grande place, juste à coté de l’arène. Hommes, femmes, enfants, tous se confondait dans cette masse grouillante. De temps à autres, un cri ou un appel se faisait entendre, sans doute à l’encontre d’un quelconque voleur, qui prenait la fuite à travers la foule, avec son larcin. L’un des gardes royaux soupira doucement pour ne pas que son chef ne le remarque. Il aurait aimé l’élémentaliste de Foudre mais rien que l’idée d’affronter Audrey lui faisait froid dans le dos. La jeune femme était bien connue dans tout le château pour son énergie et sa sociabilité. Lui-même avait déjà échangé quelque mot avec elle et avait pu la détaillé à loisir. Une voix suffisamment forte et dynamique pour nous rappelé sa puissance mais aussi douce et sensuelle pour joué avec l’embarras et la gêne des hommes. De petite taille, aux alentours des 1m65, des cheveux blonds tendant vers le brun, des yeux bleus pétillants, un nez ni trop fin, ni trop large pour une bouche de la même ampleur, un visage aux traits quand même dur et sérieux et pour terminer, un corps faisant apparaître des formes rondes et aguicheuses que les trois quarts du sexe opposé apprécie fortement.
Les gens du château lui avaient donné un nombre incalculable de surnom. Les plus récurrents étaient « L’Assassine », en standard, « La Sauvage » pour ceux qui purent apercevoir sa technique des dix kukris, la faisant ainsi plus ressemblé à une bête qu’autre chose et enfin, « La Virvolteuse » pour ceux qui l’ont déjà vu combattre dans une bataille rangée… Le garde devait avoir un sourire niais, même ses pensées étaient plutôt… Obscènes, pour que le sergent frappe le sol de son épée pour le sortir de sa gestation et l’intimer de le suivre. Une bagarre avait éclatée au sein de la foule. Les chevaliers durent jouer des coudes pour pouvoir s’approcher. Quand ils y parvinrent, ils se retrouvèrent aux premières loges pour voir trois hommes s’affronter a coups de poings et de pieds. Ils ne portaient qu’un vêtement simple, déchiré ici et là et leurs visages étaient déjà bien tuméfiés. La populace, à la vue des gardes, avait repris le fil de son action, contournant les six hommes. Ceux-ci voyant arriver ceux qui allait les séparer, eurent une attitude étrange. Arrêtant de se battre entre eux, ils dégainèrent chacun une dague et se tournèrent vers leurs nouvelles cibles : les chevaliers. Ces derniers virent qu’ils étaient tombés dans un piège et levèrent leurs épées, en signe d’intimidation. Cela eut pour effet de faire glisser une ombre d’angoisse sur les visages de leurs adversaires mais ils ne reculèrent pas. Les regards entre eux ne se baissaient pas mais les chevaliers arrivaient à mettre une pression considérable sur leurs opposants. L’un des trois craqua et fonça sur le sergent en criant. Arrivé à sa hauteur, il leva sa dague pour le frapper. Trop lentement. Le soldat royal se décala d’un pas sur le côté et asséna un coup du plat de l’épée sur l’arrière de la nuque de son assaillant. Celui-ci s’effondra face contre terre, tout en lâchant sa lame. Les deux comparses n’avaient pas esquissé le moindre geste. Puis l’un d’eux s’avança tout en faisant passer rapidement sa dague d’une main à l’autre, troublant ainsi ses mouvements. Les gardes décelèrent un sourire sur son visage, avant qu’une épaisse fumée ne les engloutisse. Aux cris que l’on entendait, le brouillard englobait aussi la foule. Le garde haussa un sourcil de surprise. Un élémentaliste ? Pourtant, le troisième soldat n’avait rien dit, alors qu’il est spécialisé à leurs recherches, sentant le pouvoir enfouit en une personne. Alors, c’est un charme. Le sergent soupira. Oui, ce n’était pas un Mage mais il savait se défendre. Il retira l’unique anneau qu’il portait à son index, le serra dans sa main et y canalisa sa volonté à l’intérieur. Quand il l’ouvrit, le bijou vibrait fortement. L’homme murmura une sorte d’incantation et sa bague se mit à tourner sur sa paume. Elle s’éleva ensuite dans les airs, faisant des cercles de plus en plus larges. Cela eut pour effet de créer un mini-vortex qui condensa le brouillard en son centre, avant de le neutraliser. Trop tard. Il perçut un mouvement sur sa gauche et il n’eut pas le temps de parer ni d’esquiver. Il reçut donc le coup de plein fouet. La lame traversa les plaques comme du beurre, fit fondre les maillons et trancha la chair du sergent. Stupéfait, il s’affala à terre. Dans un dernier soubresaut, il vit que la dague, qui l’avait touché, était entourée d’un halo rouge, comme si elle était enflammée. Un charme de Feu… Et ses yeux se voilèrent. Ayant accompli son travail, la bague retomba au sol, près de son maître. Jetant un regard vers leur camarade, les chevaliers prirent une expression d’intense colère. Autour d’eux, les gens poussaient des hurlements et se dispersaient à l’intérieur des habitations, laissant ainsi la place vide. Les autres gardes, qui se trouvaient autour de l’arène, se mirent à courir vers l’affrontement en le voyant. Ils s’arrêtèrent au milieu de la route quand une personne portant un long manteau, capuche relevée, leur barra l’accès. Surpris d’abord, les combattants se ressaisirent et firent un pas en avant. L’encapuchonné sortit un marteau de guerre entièrement noir et carré, à part le manche, leva sa main valide et leur un fit un « non » du doigt, pour leur faire comprendre de ne pas approcher. Les guerriers se regardèrent, dubitatif. Un téméraire finit par refaire un pas vers lui. Le marteau se leva alors et frappa le vide, s’arrêtant à mi-chemin, comme s’il avait tapé un mur invisible. Immédiatement après, le soldat, qui s’était avancé, s’écroula au sol et se mit à répandre du sang autour de lui. Ses camarades écarquillèrent les yeux d’incompréhension et de frayeur. L’homme était mort. On pouvait voir un trou dans son armure, au niveau de son cœur, comme si elle avait été perforée. Ivre de colère, les mines sombres, les autres s’élancèrent droit sur le tueur, sur une même ligne. Des vociférations et des jurons allèrent à son encontre mais il n’en tenu pas compte. A la place, il posa un genou à terre et frappa légèrement le sol avec le bout de son arme. Aussitôt, les gardes trébuchèrent et, quand ils essayèrent de se relever, ils ne purent faire le moindre mouvement. Ils semblaient liés ou entravés au sol. Grognant, criant, les guerriers étaient totalement impuissants face à cette magie. L’homme au marteau, oui c’est bien un homme, se releva, les toisa pendant une dizaine de seconde avant de se détourner et de reporter son attention sur les deux gardes royaux. Les chevaliers eurent peu de mal à se débarrasser de leurs assaillants mais avaient quand même reçu quelques estafilades. Légèrement essoufflé, ils eurent un sourire de satisfaction qui disparut quand ils virent un homme qu’ils ne connaissaient pas les applaudirent et, derrière lui, les gardes au sol, incapable de se remettre sur pieds. Relevant leur épées dégoulinantes de sang, le duo se lança un regard furtif et marchèrent en direction de l’homme. Celui-ci se frappa le torse avec le côté de son marteau et secoua le dernier du trio, qui avait été juste assommé. Quand il reprit conscience, il s’agenouilla face à son sauveur qui lui chuchota quelque chose. L’autre acquissa, se releva et s’enfonça dans les dédales de rues et de ruelles de la ville…